LE FESTIVAL DU LIVRE NICE

Jean-Marc QUARANTA

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BIOGRAPHIE

Jean-Marc Quaranta est maître de conférences habilité à diriger des recherches à l’université d’Aix-Marseille où il enseigne la littérature française et la création littéraire. Spécialiste des brouillons d’écrivains, et de ceux de Proust en particulier, il est chercheur associé à l’Institut des Textes et Manuscrits Modernes (CNRS-ENS Ulm) et membre de l’équipe Proust. Il a consacré sa thèse à l’esthétique de Marcel Proust (Le Génie de Proust, Champion, 2011), a édité les Lettres au duc de Valentinois de Marcel Proust (Gallimard, Blanche, 2016). Il a également collaboré au Dictionnaire Marcel Proust (Champion, 2004). Il est l’auteur de nombreux articles sur l’œuvre de Proust et de Houellebecq aux fourneaux (Plein Jour, 2016). Il est membre du comité scientifique de l’exposition Proust : un roman parisien, au musée Carnavalet (2021-2022). Il est l’éditeur scientifique du Temps perdu, à paraître chez Bouquins dans « la collection », texte refusé par Gallimard en 1912 et qui deviendra Du côté de chez Swann et À l’ombre des jeunes filles en fleurs et dont de nombreuses additions faites en 1913 et 1914 sont inspirées par la relation de Proust avec Agostinelli.
 

DERNIER OUVRAGE PARU

Ce livre est la première biographie d’Alfred Agostinelli, le chauffeur de Marcel Proust, au rôle essentiel dans l’existence de l’écrivain et, parce qu’il est le principal modèle d’Albertine, dans la construction de la Recherche. Témoignages, archives et brouillons de l’écrivain révèlent cette relation d’une rare intensité, et montrent comment aimait Marcel Proust.
On ignore tout d’Alfred Agostinelli, le chauffeur de Proust présenté par ce dernier comme son secrétaire. Cette première biographie du principal modèle d’Albertine éclaire le rôle primordial qu’il eut dans l’existence de l’auteur de la Recherche et la genèse de son oeuvre.
Alfred Agostinelli fut ce jeune homme à la réputation sulfureuse, rencontré à Cabourg en 1907, dont Proust disait qu’il était avec son père et sa mère la personne qu’il avait le plus aimée. En première page du Figaro, il évoque son « jeune visage imberbe », le compare à sainte Cécile, à « une nonne de la vitesse » et prophétise sa mort dans un accident. Il l’abrite sous son toit avec sa compagne, note ses faits et gestes dans ses carnets, le poursuit jusqu’à Monaco pour obtenir son retour après leur séparation.
Documents inédits issus d’archives publiques et privées, témoignages, brouillons de l’écrivain ont permis à Jean-Marc Quaranta de dépasser les clichés et de dresser pour la première fois un portrait précis d’Agostinelli, de livrer le récit de sa vie et surtout de restituer la véritable relation, d’une rare intensité, qu’il entretint avec Marcel Proust jusqu’à leur rupture et à sa disparition tragique en mai 1914.
Des informations inattendues et solidement étayées sur la biographie de l’écrivain renouvellent de manière décisive les connaissances que l’on pouvait avoir sur les années 1913-1914, essentielles dans l’élaboration de son oeuvre. Grâce à ces éléments nouveaux, il est possible de mieux cerner et comprendre les prémices de La Prisonnière et d’Albertine disparue dont Agostinelli fut le principal inspirateur.

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