BIOGRAPHIE
Lorsqu’il n’y a pas d’héritage matériel, lorsqu’il n’y a pas de transmission patrimoniale, il y a quand même héritage. C’est cela dont je veux parler. Car l’héritage est une métamorphose qui s’opère, en grande partie, à l’insu de nous. Pour le dire autrement, les démunis, les pauvres en toutes choses, subissent ou bénéficient, c’est selon, aussi d’un héritage. J’irais jusqu’à dire qu’il n’y a pas de « déshérités ». On hérite de la famille, de sa composition, de ses différents membres mais pas seulement de cela. L’essence de l’héritage se passe en soi, en chaque personne d’une façon singulière. La question, de fait, est infinie. Et je m’interroge. De quoi ai-je hérité, moi, sans recevoir d’héritage ? Quelle est la forme de cet héritage sans propriété ni capital mesurable ? Comment le repérer ? Comment tirer le fil du vivant transmis à partir du « bel et vivace aujourd’hui » ?
Irène Fenoglio est née à Nice, en 1951. Elle vit à Paris. Directrice de recherche émérite au CNRS en sciences du langage, elle a publié plusieurs livres et de nombreux articles théoriques. Spécialiste, au début de sa carrière, de l’usage du français en Égypte, ses derniers travaux portent sur la genèse de textes d’auteurs scientifiques et littéraires.
Elle offre ici son premier livre personnel.
DERNIER OUVRAGE PARU
« Il est des moments où se taire devient lâcheté.
Le temps est venu de rompre le silence, sans détour ni tabou.
Je vois mon pays dépérir : une école abandonnée, une justice dévoyée, des frontières offertes à tous les vents mauvais. Mais dénoncer ne suffit plus. En temps d’urgence absolue, le devoir de chaque citoyen est de jeter toutes ses forces dans la mère des batailles, celle à mener pour la survie de la France.
Parler librement n’est plus un luxe. C’est devenu un devoir. Et dans une époque où le mot juste devient un mot suspect, refuser de se taire est déjà une forme de résistance. »
Crédit photo : Astrid di Crollalanza