LE FESTIVAL DU LIVRE NICE

Edition 2026

HUIT ROMANS EN LICE POUR LE PRIX NICE BAIE DES ANGES 2026

Mar 4, 2026 8 min

HUIT ROMANS EN LICE POUR LE PRIX NICE BAIE DES ANGES 2026

Temps de lecture : 8 minutes

Huit romans ont été sélectionnés par les membres du jury du prix Nice Baie des Anges à la Bibliothèque Romain Gary, ce mercredi 4 mars, pour le rendez-vous annuel du prix littéraire de la Ville de Nice dédié au roman. Parrainé et doté par la ville de Nice ce prix récompense un roman paru dans les douze mois précédant le Festival du Livre de Nice.

Le prix Nice Baie des Anges sera attribué au lauréat 2026 le 6 mai, puis remis le vendredi 29 mai par le maire de Nice, lors d’une cérémonie officielle en ouverture de la 30e édition du Festival du Livre qui se tiendra du 29 au 31 mai.

La sélection :

–  Je suis Romane Monnier, Delphine DE VIGAN, (Gallimard)
Aqua, Gaspard KŒNIG, (L’Observatoire)
Grand prince, Alexia STRESI, (Flammarion)
La Dernière nuit, Odile D’OULTREMONT (Julliard)
Retour de Lombarde, Pascal RUTER, (Hachette)
Le ciel a disparu, Alain BLOTTIÈRE, (Gallimard)
La disparition des choses, Olivia ELKAIM, (Stock)
Combustions, de François GAGEY, (Albin Michel)

Le jury : Présidé par Franz-Olivier Giesbert, le jury réunit les écrivains, Paule Constant, de l’académie Goncourt, Irène Frain, Aurélie de Gubernatis, Didier van Cauwelaert, Laurent Seksik, Jean-Lug Gagliolo, Adjoint au maire de Nice et Nicolas Galup. Un jury de dix lecteurs, amoureux des livres et des mots, est également associé aux délibérations. Le lauréat sera annoncé le 6 mai.

Le Prix Nice Baie des Anges sera décerné le vendredi 29 mai par le maire de Nice, en ouverture de la 30e édition du Festival du Livre de Nice du 29 au 31 mai.

Depuis sa création en 1996, ce prix littéraire a couronné les romanciers : Patrick Renaudot, Raoul Mille, Franz-Olivier Giesbert, Gérard de Cortanze, Claude Imbert, Jean-Noël Pancrazi, Paula Jacques, Vénus Khoury-Ghata, Richard Millet, Eric Fottorino, Jean-Paul Enthoven, Didier van Cauwelaert, Saphia Azzeddine et René Frégni, Daniel Cordier, Laurent Seksik, Aurélie de Gubernatis, Romain Slocombe, Valérie Tong Cuong, Sylvain Tesson, Jérôme Garcin, Akli Tadjer, Barbara Israël, Jean Siccardi, Daniel Picouly, Jean-Luc Barré, David Foenkinos et Thierry Vimal, Philippe Besson, Camille de Peretti.

LES HUIT LIVRES « COUP DE CŒUR » DES MEMBRES DU JURY

Franz-Olivier Giesbert, président du jury a sélectionné Je suis Romane Monnier, de Delphine DE VIGAN, (Gallimard)

« Les gens ne comprennent pas. Ils pensent que j’exagère. Mais en fait, je cherche quelque chose qui a disparu. Quelque chose de pur, de limpide… qui n’existe plus. »

Qui est Romane Monnier ? D’elle, il ne reste qu’un téléphone portable. Des notes, des messages, des souvenirs, des enregistrements, autant de traces confiées à un inconnu, un samedi soir dans un bar.

Paule Constant, de l’académie Goncourt, a sélectionné Aqua, de Gaspard KŒNIG, (L’Observatoire)

Quand Martin Jobard, un enfant du pays devenu haut fonctionnaire à Paris, décide de briguer la mairie du village pour moderniser le réseau d’eau potable, il trouve sur son chemin Maria, la généreuse et idéaliste tenancière de l’épicerie, qui défend la source des anciens. La lue qui s’engage va éveiller, chez les habitants, le pire comme le meilleur. Maria pourra-t-elle changer le cours des choses ? Sur fond de crise de l’eau, Aqua met en scène une communauté rurale prise dans des contradictions contemporaines. On y croise un ministre trop pressé, une naturopathe bouddhiste, un éleveur mélancolique, une préfète amoureuse, un survivaliste flegmatique, une hydrogéologue anticapitaliste… Entre mythologies normandes et bureaucratie locale, Gaspard Kœnig déploie tout son art de la satire sociale. Inscrivant Aqua dans le même terroir que Humus, il poursuit son exploration romanesque des quatre éléments. 

Aurélie de Gubernatis a sélectionné Grand prince, de Alexia STRESI (Flammarion)

L’existence, c’est formidable, paraît-il. C’est surtout long, estime Simone Guillou. À 85 ans, elle pense heureusement avoir fait le plus gros. Il ne peut plus rien lui arriver. Vraiment ? Elle ne le sait pas, Simone. Elle est à mille lieues de s’en douter. Mais la vie lui réserve enfin une surprise. À Barthon-en-Retz, entre Atlantique et campagne, il sera question d’un crapaud en ciment, d’une enquête pas tout à fait policière, de la récolte du sel et d’amour. Ah, et aussi de Pierre Soulages. Le peintre ? Oui, le peintre. Après le succès Des lendemains qui chantent, Alexia Stresi signe un roman lumineux qui confirme son talent pour créer des personnages inoubliables. Grand prince raconte l’inattendu renouveau d’une vie.

Irène Frain a sélectionné La dernière nuit, d’Odile D’OULTREMONT (Julliard)

Roman fort et haletant d’Odile d’Oultremont (Prix Closerie des Lilas 2018) qui au travers de son intrigue pose des questions très actuelles, l’antispécisme et la toxicité du patriarcat sur les rapports humains.

« Tu connais mon histoire, forcément tu la connais. C’est un peu la tienne aussi. Peu importe ce que tu en penses, je te la raconte quand-même. De notre rencontre jusqu’à ce jour où l’histoire se terminera. J’ignore quand. J’ignore comment. Vois ça comme une confession. Une défiance. De la justice et de ses égarements. Prends mes mots comme un plaidoyer et mes intentions comme l’exécution d’une juste vengeance. »

2022 : par une nuit de biture et pour sa seule distraction, le comte Abélard de Hesbaye abat à la carabine une vache dans une prairie située en bordure de la propriété de ses parents. L’animal appartient à Nikki, agricultrice de la ferme voisine et amie d’enfance, qu’Abel n’a plus revue depuis dix ans. Des mois plus tard, un procès a lieu au terme duquel le tribunal correctionnel prononce la relaxe, en l’absence du prévenu. Ainsi, tranquillement, Abelard poursuit sa vie de banquier à Londres où il s’est exilé des années plus tôt. L’été suivant, alors qu’il est de retour pour quelques jours dans le château familial, il reçoit une demande d’interview pour un journal local. Le rendez-vous est un piège : avec l’aide d’amis complices, Nikki l’enlève et le séquestre dans une grange. Dès lors commence un autre procès, plus intime, enraciné dans un terreau social contrasté et mû par la nécessité d’une femme et de toute une communauté de se faire justice soi-même. Au risque de s’y perdre ?

Jean-Luc Gagliolo a sélectionné Retour de Lombarde, de Pascal RUTER (Hachette)

« Alors c’était ça, un père. C’était ça, aimer son fils. C’était aller jusque là, dépenser tout le carburant sans se soucier du retour, c’était pouvoir envoyer se faire foutre les lois, la morale, le bien et le mal, c’était accepter de prendre tous les risques, de mentir, de côtoyer la merde, d’y plonger la gueule, d’entraîner dans cette tourmente tous ceux qui pouvaient être utiles, quelles que soient les conséquences pour eux. C’était compromettre son âme, aller jusqu’à la mort. Se perdre tout entier. C’était ça. »

Pourquoi l’inspecteur Klébert, ancien guide de montagne des Alpes Maritimes, quitte-t-il l’hôpital, où son fils de 15 ans vit ses derniers instants, pour se rendre à l’aéroport de Nice ? Pourquoi ce père aimant et dévoué abandonne-t-il son enfant au moment même où sa place est auprès de lui ?

Quelle consolation du ciel attendre en cette heure tragique ? Personne ne doit savoir.

Pascal Ruter nous plonge dans la psychologie d’un père prêt à tout pour sauver son fils, quitte à piétiner les valeurs morales qui l’ont toujours animé. D’une grande justesse, son écriture creuse au plus près de l’âme humaine.

Nicolas Galup a sélectionné Le ciel a disparu, de Alain BLOTTIÈRE (Gallimard)

« J’aimerais qu’on sache, parce que j’en suis fier, que le jour où mon grand-père Ayann Ader décida de tuer Elon Musk, je me trouvais avec lui à Sifra, oasis égyptienne du désert libyque. » Quelle folie habite Ayann, écrivain français partageant sa vie entre l’Égypte et Paris, pour qu’il décide sur un coup de tête d’assassiner l’homme le plus riche du monde ? Tout commence une nuit de mai 2026, aux portes du désert, lorsque, observant le ciel, le vieil homme découvre à quel point celui-ci est défiguré par les satellites Starlink : ils effacent et remplacent les étoiles sans lesquelles nous ne mesurons pas qui nous sommes. Et bientôt, Musk rendra la Terre invivable à force de polluons, façon de légitimer son obsession de coloniser Mars. Dans un récit écrit à la veille de l’attentat, Ayann détaille les raisons de son acte, et comment il l’a préparé. Vingt-quatre ans plus tard, alors que le monde a basculé, son pet-fils retrouve ce témoignage… Hanté par l’idée de fin de l’humanité, Le Ciel a disparu, roman au souffle poétique et politique puissant, est aussi un hymne à l’empathie, à l’amour et à la beauté du monde – tout ce que Musk, dans son entreprise démente, menace de balayer.

Laurent Seksik a sélectionné La disparition des choses, de Olivia ELKAIM (Stock)

Novembre 1941, gare de Lyon, à Paris. Cécile laisse partir son fils de cinq ans dans un convoi de la Croix-Rouge. Pourquoi décide-t-elle de l’envoyer en zone libre si tôt, si vite ? Qui peut lui apporter la garantie qu’elle retrouvera son enfant après la guerre ? Le reverra-t-elle un jour ? Ce pet garçon s’appelle Georges Perec. Sa mère, juive polonaise, veuve d’un soldat mort au combat, renonce à le garder à ses côtés à Belleville, quartier pauvre et insalubre, yiddishland où survivent les immigrés d’Europe centrale. Elle le laisse partir pour le sauver. Mais en le privant de sa présence aimante, elle le condamne, sans le savoir, au vide et à l’absence de souvenirs. En 1943, Cyrla Szulewicz, dite « Cécile », est déportée à Auschwitz. Son fils ne la retrouvera jamais. La disparition de sa mère irriguera secrètement toute son œuvre à venir. Dans ce roman intense, Olivia Elkaim fait revivre Georges Perec, l’auteur culte des Choses et de La vie Mode d’emploi, membre éminent de l’Ouvroir de littérature potentielle (l’Oulipo), mort précocement en 1982 et adulé dans le monde entier — il ne cesse de gagner de nouveaux lecteurs fascinés par l’amplitude de son œuvre. Elle redonne également vie à Cécile, sa mère, dont il reste pourtant peu de traces. En l’absence d’archives, l’auteure cherche Cécile dans les livres de son fils, la ressuscite dans des scènes imaginaires et en questionnant les derniers amis vivants de Perec. Ce roman n’est pas une biographie mais une quête poignante qui s’inspire de faits vrais. Olivia Elkaim choisit d’écrire non pas ce qui a été mais ce qui aurait pu être en se jouant du vide, de l’oubli et de l’absence. Cécile n’est plus la femme qui est « morte sans avoir compris » comme l’a cru et écrit Georges Perec mais celle qui saisit la tragédie à venir et se sacrifie pour que son enfant vive. Nourrie par ses obsessions et ses propres fantômes – ses grands-parents, son père, son fils – Olivia Elkaim livre un texte sensible et vibrant d’émotion, comme elle l’avait fait dans Je suis Jeanne Hébuterne. 

Didier van Cauwelaert a sélectionné Combustions, de François GAGEY (Albin Michel)

Octobre 2023, la centrale nucléaire de Flamanville explose. Au même moment, sur le sentier des douaniers, Paul, banquier d’affaires sur le déclin, randonne avec deux amis qui voient en lui un mentor. Pris au piège de la zone contaminée, les trois hommes, hantés par leur passé et d’impossibles regrets, sont contraints d’entamer une marche épuisante pour leur survie. À travers leurs destins croisés resurgissent leurs illusions, les êtres qu’ils ont aimés et les contradictions du désir. De son écriture immersive, François Gagey brosse le portrait satirique et tendre d’un monde désorienté où les élites se consument. Qui sommes-nous face à l’effondrement ? Un premier roman bouleversant, où se dévoile la vérité nue des hommes. « Il venait de s’engager dans ce virage dangereux qu’empruntent parfois les hommes puissants lorsqu’un évènement notable – une séparation, un deuil, une maison qui brûle, une hausse ou une baisse déraisonnable de leur niveau de fortune – vient modifier la formule chimique du milieu où ils fraient. »