LE FESTIVAL DU LIVRE NICE

SYLVAIN TESSON, PRÉSIDENT D’HONNEUR

Avr 22, 2022 2 min

SYLVAIN TESSON, PRÉSIDENT D’HONNEUR

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Cette année, le Festival du Livre de Nice tient son homme. Personne mieux que Sylvain Tesson, écrivain voyageur, cinéaste, ne pouvait être le président de sa 26e édition. Vous avez bien dit « Écrire : une aventure » ? Mais c’est tout lui !
 Auteur de près de quarante livres, il est en effet un sacré aventurier mais aussi un poète, un vrai contemplatif et un fougueux révolté. Un coureur des bois, des monts, des plaines, et un fin lettré. Le Festival l’attendait. En 2014, son recueil de nouvelles, S’abandonner à vivre (Gallimard) avait reçu le prix Nice Baie des Anges. Sylvain Tesson est un auteur primé : Goncourt de la nouvelle en 2009, Médicis essai en 2011, Renaudot en 2019. Depuis ses vingt ans, en 1992, où il s’est élancé pour un tour du monde à bicyclette, il a toujours eu envie d’aller voir ce qui se passe de l’autre côté. Aujourd’hui, il fait paraître un essai d’une belle gravité (NOIR. Textes et dessins. Albin Michel, en librairie le 4 mai). Un texte sur la vie que l’on met en danger, sur les choix ultimes, ceux qui sont définitifs. Et libres. Ah, la liberté pour un aventurier !

Ne pas se ménager

Dans le cinquième livre des Contemplations, intitulé « En Marche » (sic!), Victor Hugo donne en un seul alexandrin une définition ultra concise de l’aventure (et accessoirement, de l’action politique) : « Vous dites : Où vas-tu ? Je l’ignore ; et j’y vais ».

L’aventure, c’est quand on est sûr de rien, quand on ne sait pas où l’on va et quand rien de ce qui était prévu n’arrive. Une fois parvenu au port, on se souviendra de ce qui s’est passé.

Peut-être même en sortira-t-on métamorphosé.

Ceci peut constituer la description d’un quinquennat, d’une ascension, d’une traversée de l’océan ou d’une équipée des steppes.

C’est aussi la définition de la littérature. On ouvre un livre c’est l’inconnu. On le lit, c’est l’épreuve. On le referme, on est transformé. Lire, écrire : quelle aventure !

« Quand on s’est beaucoup ménagé, on finit par tomber malade à force de ménagements » dit Nietzsche au chapitre premier du livre III d’Ainsi parlait Zarathoustra. Cette année, avec des pensées pareilles, il aurait été mieux accueilli au salon du livre de Nice qu’au conseil de sécurité sanitaire.

L’aventure, c’est quand on respire, quand on se met en marche, quand on fait le geste de sauter par-dessus les barrières. Toutes choses hautement recommandées à Nice ce ouiquende.

Sylvain Tesson

 

Photo © Thomas Goisque