Jean-Jacques Annaud président d’honneur

Ma belle-mère s’appelle Bernadette. Elle a cent deux ans, une pèche du tonnerre, une mémoire d’enfer et je l’adore. Victorine est de deux ans sa cadette, studio mémoire du cinéma mondial, rajeuni, embelli, lieu mythique où j’ai tourné et que j’adore. Nice a inspiré les écrivains comme La Victorine a inspiré les cinéastes. Il y a beaucoup d’amour sous le ciel azur de la Côte du même nom. Les écrivains aiment les cinéastes — surtout avant de découvrir le film tiré de leur oeuvre. Les cinéastes aiment les livres des auteurs — surtout quand ils oublient ce qu’ils doivent à la création originale et peuvent grâce à elle se baptiser auteur à leur tour. “Le scénario, le scénario, le scénario” chantent en chœur les gens de l’image pour désigner les trois piliers indispensables à la réussite d’un film. “La thématique, l’intrigue, les personnages”, pourrait-on-préciser, hérités si souvent d’une pièce de théâtre, d’un article de presse ou d’un roman. Merci et bienvenue à vous, Gens de Lettres. Heureuses journées en front de mer, sur la Promenade des Écrivains.

Jean-Jacques Annaud

Réalisateur, producteur, scénariste, Jean-Jacques Annaud est un des noms importants du cinéma français. Le grand public connaît bien ses films. Il en a tourné une quinzaine. La plupart adaptés de livres. Il en a souvent écrit lui-même les scénarios. Tout le monde se souvient de La guerre du feu (1981, d’après Rosny aîné), du Nom de la rose (1986 d’après Umberto Ecco). De L’ours (1988, d’après James Oliver Curwood), de L’amant (1992, d’après Marguerite Duras), de Sept ans au Tibet (1997, d’après Heinrich Harrer), d’Or noir (2011, d’après Hans Ruesch) ou du Dernier Loup (2015, d’après Jiang Rong). Il a récemment réalisé pour la télévision La vérité sur l’affaire Harry Quebert (d’après Joël Dicker). Jean-Jacques Annaud est un amoureux des livres. Il en a d’ailleurs publié un l’an dernier aux éditions Grasset. Dans Une vie pour le cinéma (écrit avec Marie-Françoise Leclère), il raconte sa vocation, ses coups durs et ses coups de cœur, son bourlingage. Sa carrière. Son premier long métrage (La victoire en chantant) avait obtenu en 1977 l’Oscar du meilleur film étranger. Il a aussi reçu cinq Césars. Depuis 2012, il est membre de l’académie des Beaux-Arts. Mais n’allez pas croire qu’il va s’endormir sur ses lauriers. En exergue de son livre, il a mis cette phrase de Nietzche « Chaque homme cache en lui un enfant qui veut jouer ». Croyez bien qu’il va continuer.

Photo © JF Paga

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