Les présidents d’honneur 2017

Paule Constant, de l’académie Goncourt et Dany Laferrière, de l’Académie française, assurent la co-présidence de l’édition 2017 du Festival du Livre de Nice dont le thème sera cette année :     La Méditerranée.  

Retourner à la mer

La Méditerranée est née en Grèce dans le cœur des dieux de l’Olympe. Ils l’ont voulue bleue comme le ciel pour y conduire dans un même envol leurs amours, leurs combats et les grandes fêtes de la paix. Europe à la robe blanche nous a offert cet azur pour faire naître dans notre âme d’enfant la joie d’apercevoir dans la transparence de l’eau les pétales dansant d’une anémone, un oursin délicat sur ses pointes, une étoile de mer qui d’un bras indolent invente une arabesque. Gardons précieusement nos premiers matins du monde, cette plage de Sfax où nous allions au trot d’une calèche, celle de Sousse couverte de tapis rouges, l’anse de Boulouris bordée d’orangers où j’ai appris à nager. L’eau chaude d’une fin d’été à Pampelonne où nous nous sommes embrassés, le retour d’un bateau de pêche dans l’aube dorée de Cagnes, la nuit d’argent de Porquerolles. Et les lumières de la baie de Nice comme « un grand collier de perles » dont notre institutrice nous découvrit la puissance de la métaphore qui pousse à la littérature ! Quelle qu’ait été notre histoire, quels que peuvent être les tempêtes, quels que soient les naufrages, retournons à la mer.

Paule Constant, de l’académie Goncourt

Grand prix de l’essai de l’Académie française pour Un monde à l’usage des demoiselles (1987), Grand prix du roman de l’Académie française pour White Spirit  (1989), Prix Goncourt pour Confidence pour confidence  (1998), Paule Constant est Docteur ès lettres et sciences humaines de Paris-Sorbonne et Professeur d’Université. Elle est membre de l’académie Goncourt depuis 2013. Elle a créé à Aix-en-Provence le Centre des Ecrivains du Sud – Jean Giono et le Festival du livre du même nom. Dernières parutions (mars 2016) : C’est fort la France  ! (Folio), Des chauves-souris, des singes et des hommes (Gallimard).

 

Vers le sud

On parlera sûrement du sud,
de Nice sortie du ventre chaud de la Méditerranée.
De cette Méditerranée à la fois lumineuse et blessée
mais toujours hérissée d’inquiétudes.
Je cherche encore à savoir l’impact
sur nos nerfs d’un tel déferlement
d’émotions, de sensations et de sentiments.
Il y a là en effet une lumière particulière
qui allègera nos tensions – l’esprit du lieu.
Et une pudeur des gens d’ici face
au malheur qui, j’espère, nous évitera
de tomber dans le marécage affectif.
Je n’oublie pas cette première leçon d’écriture
apprise si tôt mais jamais oubliée : l’écrivain
ne doit pas pleurer à la place du lecteur.
Ni cette fureur qui a éclairé nos yeux d’enfant
et qu’on a tenté de transformer plus tard
en art de vivre par temps de catastrophe.
Ce courage qui est au sud une forme de parfaite
de courtoisie. Le sud de la vie.

Dany Laferrière, de l’Académie française

Dany Laferrière est né en 1953 à Port-au-Prince. Depuis son premier roman, Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer, salué par une reconnaissance immédiate, à l’Art presque perdu de ne rien faire (Grasset), en passant par l’Énigme du retour (Grasset, Prix Médicis 2009), Dany Laferrière a construit une œuvre qui lui a valu son élection à l’Académie française. Après le Cri des oiseaux fous (2015 – Zulma) et Mythologies américaines (2016 – Grasset) il a publié en mai 2016 Le charme des après-midi sans fin et l’Odeur du café (Zulma).

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